Né à Québec en 1954 et demeurant aujourd’hui à Baie-St-Paul, Gilles Bédard démontre très tôt un talent artistique certain. Aimant créer d’après nature, c’est spontanément que Gilles s’arrêtera pour croquer l’inusité d’une scène qui l’aura frappé. Utilisant différentes techniques telles que l’acrylique, l’huile, le pastel et le fusain, sa première préoccupation demeure néanmoins, la lumière sous toutes ses formes.

Jeune homme, Gilles joignit les rangs de la Garde côtière du Canada, un travail qui l'a amené, à bord de brise‑glaces, jusque dans l'Arctique. Il y a découvert, pour la première fois, les effets du soleil de minuit et la magnifique lumière réfléchie sur les aspérités des glaces. Le silence de cette contrée désertique l'a profondément marqué tant il était enveloppant.

Après quatre ans en mer, la vie d'artiste s'est avérée un attrait irrésistible pour lui. Durant les années quatre‑vingt, il a vécu pendant quelques temps dans la région de Charlevoix, notamment à Saint‑Joseph‑de‑la‑Rive, où il peignait des portraits au pastel. Il n'a jamais été attiré par la peinture "triste" en vogue à l'époque, ses intérêts étant plutôt axés vers des sujets joyeux qui démontraient la joie de vivre.

Ses œuvres sont une musique, une vibration lumineuse, un instant fugitif saisi sur la toile qui doit vivre et éblouir comme l'émotion qui l'a fait naître. L 'atmosphère qui se dégage de ses œuvres sera tendre ou festive selon la nature de l'appel. Souvent inspirés des paysages de Charlevoix, ses tableaux sont traités de manière très fantaisiste. La lumière sous toutes ses formes est omniprésente dans l'œuvre de Gilles Bédard. La couleur prend aussi une autre dimension. Gilles Bédard se spécialise dans les paysages d'été, parce qu'il sait, comme pas un, peindre les feuillages et leur attribuer des teintes uniques. En effet, la beauté de ses verts est devenue une légende dans le milieu artistique. Ces scènes d’hiver sont toutefois empreintes d’une chaleur exquise.

Bref, en s’exprimant ainsi, Gilles Bédard nous décrit toute la noblesse de son art : «Je vois mon art comme  un cri du cœur, comme la libération spontanée de tout ce que je ressens en dedans de moi. J'aime cette liberté que m'apporte la création et je ne pourrais vivre, comme le font tant d'autres, dans les mornes contraintes du quotidien.»