Né à Québec en 1960. À l’âge de quinze ans, il était déjà trop tard pour reculer et modifier le cours du destin : Pierre venait d’être piqué par l’insecte qui transmet le virus incurable de la création artistique. Artiste un jour, artiste toujours !

Après avoir complété un cours professionnel en photographie, Pierre s’inscrit au cégep où il entreprend des études en arts plastiques qui le laissent sur son appétit. S’il n’a pas aimé l’enseignement des arts en général, il admet que les études lui ont apporté une connaissance globale de l’art et de la culture.

Il juge important dans son métier d’avoir une vision d’ensemble de la production artistique même si cela risque d’agir sur sa propre inspiration. « Tu ne peux pas t’auto construire de A à Z. C’est très bon d’avoir des influences qu’il faut canaliser, nourrir, digérer et il faut que de cela naisse une entité. Se couper de la culture, c’est se couper d’un magnifique moyen de transport ! » Pierre Bédard aurait voulu enseigner les arts plastiques, mais les perspectives d’emploi n’étaient pas favorables. Il a plutôt choisi de devenir artiste. 

Dans les œuvres de Pierre Bédard, la lumière, l’émotion, la texture même du tableau transcendent l’image apprivoisée, ce qui a pour ultime effet de toucher les cordes sensibles de celui qui regarde. Pierre aime reproduire des scènes réelles en leur ajoutant une touche impressionniste. « J’essaie de faire des choses qui respirent, qui vibrent.» 

Pour Pierre, il est important d’insister sur la qualité fondamentale que tout artiste doit posséder, soit l’acharnement au travail : « Dans ce métier, il faut que tu sois discipliné si tu veux avoir un suivi dans ton travail et arriver à quelque chose. Il faut que tu peignes tous les jours pour progresser rapidement. » Comme le dit si bien le vieil adage, cent fois sur le métier remettez votre ouvrage. Mais Pierre ne manquera pas d’ajouter qu’il faut aussi et surtout « être le plus honnête possible envers soi-même et envers le travail qu’on produit. »

Pierre souhaite avoir toute sa vie la possibilité de travailler et de s’exprimer à travers la peinture. « Je veux me donner la chance d’évoluer à mon rythme, dans un contexte favorable et de concrétiser mon rêve, mon idéal : peindre. C’est un privilège que de gagner sa vie en faisant un métier comme celui là.»