Yoakim Bélanger est né à Montréal en 1977. Formé en design graphique au Cégep du Vieux-Montréal  et à l’Université du Québec à Montréal. Bélanger choisit la photo comme premier médium d’expression. Ces expériences professionnelles en graphisme, en photographie et en vidéo l’ont guidé contre toute attente vers la peinture. Inspiré par le monde du multimédia, l’approche picturale de Yoakim Bélanger se modifie, s’interrelie. Pour lui, il n’y a plus de frontière entre les différents médiums, ils interagissent entre eux. Toutes ses compétences et les outils acquis servent sa démarche. Nous ne sommes plus dans un univers dissociatif, mais bien associatif. C’est précisément ce qui donne toute son originalité à sa peinture, dont la singularité la plus évidente demeure ses supports en plaque d’acier, abîmé par le temps et la rouille, présentant déjà les premières traces texturées de l’œuvre. L’artiste inspiré entame un dialogue silencieux avec le métal et en déchiffre ses secrets.

Ces oeuvre récentes explorent plus particulièrement le nu, le symbole, le corps, habitacle de l’âme ou corps objet ? La patine des plaques d’acier récupérées sur laquelle les corps prennent forme nous renvoie au mystère de notre devenir : qui  sommes-nous ? Sommes-nous ? Yoakim Bélanger cherche à créer un nouvel ordre d’équilibre du sujet dans l’espace de son support. Il aime travailler par contraste et c’est peut-être ce qui confère à ses tableaux cette impression d’espace scénique où s’affrontent les éléments dans leurs propres paradoxes ceux de l’ombre et la lumière, l’abstraction et de la figuration, de l’esprit et de la matière. « J'utilise le corps humain comme un prisme d'émotions, de couleurs et de lumière qui n’a pas peur des contradictions. » Yoakim Bélanger expérimente, voit et crée de vibrants hommages à la vie.

Il travaille d’après des photos, le cadrage est primordial pour arriver à dynamiser son sujet et il s’y applique en priorité. L’occupation de l’espace en peinture est pour lui un espace vital.

L’acrylique, l’encre utilisée par transparence et le vernis contribuent à l’émergence d’une alchimie avec le métal. Le trait graphique qui resurgit ici et là dans certain tableau est la métaphore de la structure humaine, cette double temporalité parallèle lorsque le spontané, ce qui se dérobe aux formes, l’informel devient l’amorphe et lorsque le stagnant se confond avec le courant de la vie : le mouvement. Par ailleurs, ses formes, qu’on dirait sculptées dans le roc, défient le temps et l’aléatoire. Ses visages humains et ses mises en scène épurées nous renvoient à la dimension sacrée de la vie. Il ouvre un passage au changement à travers une réconciliation des multiples facettes de l’être.