Les tableaux d’André Bertounesque, artiste autodidacte,  pourraient être qualifiés de paysages, mais ce serait les sous-estimer : ils sont beaucoup plus que cela. Pour les comprendre et les apprécier, il est bon de remonter quelque peu dans l’histoire du genre. La peinture de paysage a pris du temps à paraître, et pour une bonne raison : l’amour de la nature n’est pas nécessairement un facteur d’invention picturale. La représentation de l’humain sous toutes ses formes a été d’abord et longtemps l’intention première des créateurs d’images.

Sommairement,  il y a des milliers d’années des dessins naissaient spontanément sous la main, naissant encore aujourd’hui sans art et sans science,  mais répondant à une soif d’expression presque biologique, comme le chant et la danse. Il y a aussi la peinture métier, la peinture gagne-pain, la peinture dite professionnelle.

Pour survivre, l’artiste a répondu de tout temps aux attentes des acheteurs, petits et grands. Les tableaux de Bertounesque rappellent que le paysage et surtout l’amour de la nature, en dépit de la prolifération du genre, ne comptent que peu d’interprètes qui nous émeuvent vraiment. Il peint des scènes ruisselantes de lumière, des lieux naturels discrètement animés par de gracieuses figures, où le tapis vert du sol, les arbres aux grands bras chargés d’ombre et de clarté, et quelque eau toute proche, invitent au plaisir et à la détente. Les familiers de l’œuvre de Bertounesque noteront une évolution marquée de son genre.  Le dessin de Bertounesque a cette qualité suprême de se faire oublier, il se fond dans la composition.

Sa couleur fait de même. Elle se plie à l’ensemble; son rôle consistant à mettre la lumière en valeur. L’artiste a atteint une maîtrise qui lui permet d’exprimer franchement et généreusement sa poésie particulière.