Pierrette Joly est née dans la ville de Hawkesbury, en Ontario 1948.  Mère de trois enfants et grand-mère à trois reprises, cette résidente de Sainte-Adèle poursuit inlassablement son oeuvre amorcée au début des années ‘80 dans ce site enchanteur des Pays-d'en-Haut.

Dès sa tendre enfance, madame Joly se passionne pour la création et plus particulièrement pour la peinture. En réalité, elle rêvait d’être artiste peintre depuis l’âge de dix ans.  Il a fallu un peu plus de vingt pour qu’elle puisse finalement concrétiser son rêve.  C’est grâce à l’appui soutenu de monsieur Pierre Péladeau, qui était son mécène et son mentor à la fois, qu’elle a pu se consacrer entièrement à la peinture.

Désireuse de parfaire son talent, cette artiste peintre autodidacte, s’est inscrite à des cours de dessin au C.E.G.E.P. de St-Jérôme et par la suite, à l'École des Beaux Arts de Montréal (mission renaissance).  Depuis, elle a participé à différentes expositions et symposiums un peu partout à travers le Québec, dans les Maritimes et aussi à l’étranger.

Artiste peintre active depuis plus de vingt  ans, madame Joly  définit son style comme étant figuratif impressionniste.  Elle se considère également comme une perpétuelle autodidacte.  Pour elle, la création n'est pas statique; elle est en perpétuelle évolution.  C’est d’ailleurs ce qu’elle a réussi à démontrer lorsqu’elle a présenté au grand public, à l’automne 2005, son tout nouveau style de peinture.  Cherchant toujours à se dépasser, cette magicienne des tons de lumière, donne vie non seulement à ses toiles, mais également aux encadrements qui les prolongent.  Le procédé est original et l’effet est spectaculaire.

Pierrette Joly trouve son inspiration dans la nature.  C’est d’ailleurs parmi les magnifiques paysages des Laurentides  et de Charlevoix, tant de fois transposés sur ses toiles, qu’elle se ressource pour ses créations. Inspirée par tant de beauté et guidée par sa sensibilité, elle sait retransmettre sur la toile, dans ses couleurs et ses jeux de lumière, ce qui est si généreusement offert par la nature.  Le pinceau danse et les couleurs prennent forment au rythme de ses pulsations.  Telle est cette artiste de la lumière qui a tant de plaisir à peindre.

Outre sa passion pour la peinture, Madame Joly enseigne à tous ceux qui, par amour de l’art, souhaitent apprendre à peindre. Sa passion est contagieuse et ses élèves sont souvent devenus de très bons artistes qui évoluent en galerie.

Fille adoptive de « l’école de Charlevoix », Pierrette Joly n’as pas eu de mal à s’y faire une place bien à elle par son style très personnel. Son être et son art constituent un enrichissement certain dans la constellation des artistes de la galerie Iris.


Pierrette Joly « Hors cadre » texte de Michel Beauchamp

Vous arrive-t-il par certains après-midis un peu gris de novembre de tenter par tous les moyens de soigner votre spleen ? Vous faut-il parfois supporter votre vague à l’âme jusqu’à ce qu’il se dissipe ? En ce qui me concerne, j’ai trouvé le remède : j’ai eu le privilège de m’asseoir pendant quelques heures dans l’atelier de Pierrette Joly entouré des images vibrantes et colorées qu’elle crée. C’est en l’écoutant parler de sa vie et de son art que j’ai compris pourquoi l’artiste affirme: «Ma vie, c’est la peinture!»
Il est bien amusant de l’entendre raconter que, très jeune, comme d’autres enfants jouent au professeur ou à l’infirmière, Pierrette Joly, elle, joue à l’artiste. Elle est déjà très convaincue qu’elle deviendra une artiste quand elle sera grande.
Très tôt, les sens toujours en éveil, toujours à l’écoute de ses émotions, toutes les formes d’art l’intéressent : théâtre, écriture, arts visuels. Cependant après avoir exploré divers moyens d’expression et fascinée par la magie des couleurs, elle opte pour la création plastique.
Pendant quelques temps, elle pratique son art en autodidacte mais, par un souci constant de s’améliorer, elle de suivre des cours à l’École de dessin et de peinture Mission Renaissance d’abord pendant deux ans, puis en dessin au Cégep de Saint-Jérôme pendant deux sessions. Elle fréquente aussi les ateliers de Marcellin Dufour pour l’aquarelle et ceux de Jean-Louis Hébert pour la peinture à l’huile. C’est auprès de ce dernier qu’elle apprendra à peindre en extérieur. Encore aujourd’hui, il n’est pas rare qu’on la retrouve, quelle que soit la saison, en pleine nature derrière son chevalet.
Après des débuts qu’elle qualifie de plutôt conventionnels, elle entreprend ses propres recherches. Fusain, aquarelle, pastel, peinture à l’huile et ; à l’acrylique, tout l’intéresse. Elle veut tout apprendre, aborder tous les sujets : paysages, natures mortes, portraits, modèles vivants, abstractions, etc…
Elle choisit finalement de peindre à l’huile et attirée par la représentation de la nature pour laquelle elle entretient respect et considération, elle veut surtout recréer les paysages. Elle pressent par contre un réel défi : le domaine des paysagistes compte beaucoup d’hommes, aussi, comme femme, lui faudra-t-il se démarquer. Elle aura à travailler dur et faire preuve d’originalité si elle veut se faire reconnaître. Déterminée, débordante d’idées et ne craignant pas l’effort, elle relève le pari.

Puis elle rencontre Pierre Pelardeau, fondateur de Quebecor, qui s’intéresse à son travail. Il deviendra non seulement son mentor mais aussi un ami. Celui-ci lui prodigue conseils et encouragements. Pierrette Joly regrette aujourd’hui qu’il ne soit plus là pour constater son progrès.
Elle ignore si c’est parce que Pierre Péladeau lui a souvent répété dans le passé : « Trouve ton style », mais elle opte finalement, après nombre d’expérimentations, pour une façon originale d’associer tableau et cadre. La scène représentée se prolonge sur le cadre, un cadre bien particulier fabriqué par un ébéniste. « Je peins sur encadrement depuis environ 2005. Je trouve que cela donne comme une troisième dimension au tableau. »
Pour composer ces images qui évoquent le plus souvent des paysages, mais parfois aussi des natures mortes, elle pose sur la toile et sur le cadre un enduit pour donner une texture. Elle trace ensuite une ébauche et applique enfin les couleurs en superposition. L’ensemble engendre ainsi l’illusion du relief en mouvement.
Pierrette Joly se doit d’être une femme très organisée et très disciplinée. Non seulement, comme tout artiste, consacre-t-elle d’abord beaucoup de temps à la création, mais aussi, elle gère elle-même sa carrière : contact avec les galeries, acheminement de ses toiles. Mais le plus incroyable est qu’elle trouve encore du temps pour donner des cours de peinture deux jours par semaine.
Évidemment, avec un agenda aussi bien rempli, elle ne peut être de toutes les rencontres d’artistes. Elle ne participe qu’à quelques événements au cours de l’année : Rêves d’automne à Baie-Saint-Paul, Symposium de Grand-Sault au Nouveau-Brunswick, et Symposium des arts de Danville. Elle profite de ces occasions pour fraterniser avec d’autres artistes, car elle croit que, comme son travail de création se fait dans l’isolement, échanger et partager des expériences est stimulant pour elle.
Elle me fait part aussi que ses visites à Baie-Saint-Paul lui permettent de rencontrer à l’occasion Bruno Côté, un peintre à qui elle voue une admiration toute particulière pour son vigoureux coup de pinceau, pour la puissance de ses représentations de la nature. Elle relate avec plaisir que ce dernier ne rate jamais une occasion de l’encourager. D’autres peintres retiennent-ils son attention ? Elle nomme aussitôt Marc-Aurèle Fortin pour la couleur et la lumière qui caractérisent ses tableaux et pour l’audace qu’il a fait preuve dans sa peinture.
J’ai donc pu bénéficier pendant quelques heures de la générosité d’une artiste qui, malgré qu’elle travaille très fort, demeure d’une grande disponibilité qui, malgré qu’elle se dise portée à la spiritualité, rayonne au dehors de joie de vivre ; qui par respect pour son public et ses élèves, cherche toujours à s’améliorer.
J’ai pu ainsi échapper à la grisaille de ce jour de novembre. Voyez plutôt les oeuvres de Pierrette Joly, vous comprendrez.

Michel Beauchamp