Jocelyne Lapointe est née en 1947 à Montréal.  Peintre autodidacte, elle étudie l’histoire de l’art, notamment les grands maîtres français du début du siècle.  Le hasard des rencontres met sur sa route des compatriotes paysagistes - Jean-Louis Hébert, Marcel Hamelin, Marcel Fecteau - auprès desquels elle parfait sa technique.

Après ses années de formation, Jocelyne Lapointe met sur pied le studio de peinture L’Atelier Raphaël où elle produit, expose et enseigne en compagnie de quelques artistes-membres.  Les œuvres qu’elle réalise alors témoignent de sa sensibilité à l’approche développée par Cézanne de qui elle retient les plans rabattus, l’espace complet et dense, la touche rapide et régulière, la synthèse des formes construites en couleurs plutôt que par la précision linéaire du dessin.

Rapidement, elle s’inspire de Matisse à l’instar duquel elle exprime son monde intérieur en couleurs pures et franches, son style propre.  La nouvelle signature - Lpte - s’affiche bien en vue, symbolisant ainsi sa pleine acceptation de sa condition d’artiste.  En outre, les compositions des premières années font place à une substitution encore plus éloquente d’un espace naturaliste vers un espace subjectif, qu’elle construit par morceau, comme un casse-tête en superposition (Le début de l’automne, 1994, oeuvre détruite) et en juxtaposition (La semaine à Baie Saint-Paul, 1992, coll. privée; Joie de vivre, mai 1994, coll. privée).  Dans ces œuvres, les thèmes - scènes d’intérieur, paysages et natures-mortes - se multiplient et s’assemblent en autant de plaquettes qui s’imbriquent les unes aux autres.

Ces œuvres témoignent de la recherche incessante de l’artiste pour l’équilibre et l’harmonie.  Une quête qui s’exprime d’abord sur le plan de la picturalité  dans l’agencement des lignes, des couleurs, des espaces et du mouvement, mais aussi dans les traditionnel bysantin et ukrénien (pysanky) qui aura inspiré à Fabergé ses éblouissants œufs peints ou encore, plus près de nous, aux artistes du Body Painting.

A l’instar de ces artistes, Jocelyne Lapointe, se libèrera du canevas à 2 dimensions en peignant sur des surfaces volumétriques.  Depuis 1995, elle pratique déjà les débordements sur cadre et la découpe des formats (avec la série des casse-têtes).  Mais il faut attendre la naissance d’une petite Tamara, enfant d’un couple d’amis, pour inspirer à Jocelyne, un nouveau support à sa peinture. Le premier petit cochon tirelire naissait. À ce jour plus de 2,200 cochons ont vus le jour.